México ¿Cómo vamos?
Prensa extranjera
Le Mexique réagit aux mesures prises par Donald Trump

Nancy Caouette

 
29 de Enero del 2017

Artículo publicado en La Croix.

Le Mexique réagit aux mesures prises par Donald Trump

Nancy Caouette (à Mexico), le 29/01/2017 à 17h10

Donald Trump a lancé les hostilités avec le Mexique en scellant par décret la construction d’un mur à la frontière, aux frais du Mexique. Piqués au vif, les Mexicains sont poussés à chercher de nouveaux partenaires économiques.

« Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si proche des États-Unis. » C’est en ces mots que l’ancien président du Mexique, Porfirio Diaz (1830-1915), traduisait l’exaspération du peuple mexicain au XIXe siècle, qui souffrait des poussées expansionnistes de la jeune nation américaine. En multipliant les insultes à l’encontre du peuple mexicain, Donald Trump a remis au goût du jour l’aphorisme du dirigeant mort en exil à Paris, en 1915, après avoir été chassé du pouvoir par la Révolution mexicaine.

Cinq jours après son investiture, le président américain a signé un décret ordonnant « la construction immédiate d’un mur physique » à la frontière du Mexique, l’une de ses promesses électorales. Exhorté par des politiques et des personnalités publiques mexicaines à ne pas se rendre à Washington, le président Enrique Peña Nieto a finalement annulé sa rencontre avec Donald Trump, qui lui avait signifié par un tweet qu’il valait mieux ne pas venir « si le Mexique ne voulait pas payer pour le mur ».

Pour Donald Trump, le Mexique responsable de tous les maux

Cette discorde entre les deux pays jette une ombre sur une relation amicale et respectueuse, bâtie au gré de nombreuses décennies. « S’il est un peu tôt pour définir de façon claire le cours des événements, on peut dire qu’il s’agit d’une crise majeure entre le Mexique et les États-Unis, affirme le politologue au Collège de Mexico Jean-François Prud’homme. Donald Trump semble utiliser la menace d’instabilité au Mexique pour mettre à genoux le gouvernement dans ses négociations. »

 

Durant sa campagne électorale déjà, Donald Trump a désigné le Mexique comme responsable des grands maux économiques, politiques et sociaux de l’Amérique. En plus de vouloir ériger un mur et expulser les six millions de sans-papiers mexicains du territoire, il promet de renégocier l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna), en vigueur depuis 1994. Ce dernier a permis d’éliminer la plupart des droits de douane entre le Canada, les États-Unis et le Mexique mais, aux dires de Donald Trump, il a infligé aux États-Unis « un déficit commercial de 60 000 milliards de dollars (56 000 milliards d’euros) » avec Mexico.

Diversifier les relations commerciales, une nécessité

La renégociation ou l’élimination de l’Aléna porterait un coup dur à l’économie mexicaine, dont 80 % des exportations sont destinées au marché américain, soit environ un tiers de son PIB. À l’instar de plusieurs politiciens et intellectuels du pays, la professeur d’économie à l’Institut technologique autonome du Mexique Valeria Moy pense que Mexico doit exploiter davantage ses traités de libre-échange signés avec 44 partenaires, dont les membres de l’Union européenne.

« On doit diversifier nos importations, car 47 % d’entre elles proviennent des États-Unis. Si le Mexique arrête d’acheter le maïs américain pour se tourner vers celui de l’Australie, les agriculteurs des États-Unis risquent de protester. Cela nous donnerait un véritable pouvoir de négociation »,estime-t-elle.

Un boulevard pour la gauche anti-américaine ?

Si les discours du président américain poussent le Mexique à restructurer ses relations commerciales, ils insufflent aussi un vent de nationalisme. « Je crois que la réaction des Mexicains a été très patiente et très prudente depuis le début de la campagne électorale de Donald Trump. Mais ce genre d’attitude provoque une réaction. Il ne faut pas gratter très loin sur la superficie de l’épiderme mexicain pour trouver une veine nationaliste profonde »,ajoute Jean-François Prud’homme.

Il estime que la rhétorique populiste anti-mexicaine du président américain, combinée à la grande impopularité du gouvernement d’Enrique Peña Nieto et de son parti, pourrait profiter, lors des présidentielles de 2018, à Andrés Manuel López Obrador, candidat du parti de gauche Morena, battu aux présidentielles de 2006 et de 2012. « Donald Trump semble créer un terrain fertile pour cela. Je ne crois pas que (le candidat de gauche) aura à jouer une carte populiste. La carte de la gauche nationaliste, anti-américaine, sera suffisante. »

Relacionados
La economía mexicana resiste los cien primeros días de Trump
Ignacio Fariza
Leer más
Here’s What Should Worry Mexico More Than NAFTA
By: Valeria Moy
Leer más
Le Mexique réagit aux mesures prises par Donald Trump
Nancy Caouette
Leer más

Queremos saber más de ti y tu opinión sobre México, ¿Cómo Vamos?

 

Escríbenos a contacto@mexicocomovamos.mx

 

Conoce aquí nuestro aviso de privacidad.